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  • Marie Kacouchia

Pourquoi fait-on des cauchemars ?


"Vivre un rêve éveillé.e", "être comme dans un rêve", "c'est le rêve"... toutes ces expressions renvoient à l'aspect positif voire plaisant du rêve. Le rêve est alors vécu comme un échappatoire face à une réalité parfois désagréable. Pourtant, le rêve peut parfois être inquiétant, dérangeant et virer au cauchemar.


A quelques jours d’Halloween, nous nous sommes demandé d'où peuvent venir ces rêves sombres et s'ils sont (par)anormaux.


Les réponses dans cet article...



Quand rêve-t-on ?


Le sommeil est loin d'être une expérience linéaire. C'est en fait une "activité" complexe qui se découpe en cycles de 90 minutes en moyenne. Et chaque cycle de sommeil se découpe à son tour en phases que la science a aujourd'hui clairement identifiées : l'éveil calme, le sommeil profond et le sommeil paradoxal.


La phase de l'éveil calme est ce moment où les paupières deviennent lourdes, où l'on baille et l'on se sent emportés par le sommeil. La phase de sommeil profond quant à elle correspond à une période qui dure entre 60 et 75 minutes en fonction des individus. Durant cette période, le corps fonctionne au ralenti et l'activité du cerveau évolue en ondes très longues.


Au bout d'une heure, tandis que le corps est au repos complet, le cerveau lui connaît un regain d'énergie tel que son activité devient comparable à celle que l'on observe au réveil. On parle alors de sommeil paradoxal pour souligner les comportements opposés du cerveau et du corps. Le sommeil paradoxal dure en moyenne entre 15 et 20 minutes en fonction des individus et c'est précisément durant ce laps de temps finalement assez court que naissent nos rêves, positifs comme négatifs.


Et de quoi nos rêves sont-ils faits ?


On pourrait croire que nos rêves sont le miroir déformé de notre réalité mais les choses ne sont pas si simples et la science s'interroge encore sur le lien entre la vie réelle et le monde des rêves.


"On ne comprend pas encore bien le filtre que le rêve applique à la réalité. On ne sait donc pas s'il choisit principalement des événements importants de la vie éveillée, des événements récents, des événements anciens ou des événements émotionnels… C'est ce que nous avons essayé de comprendre à travers une étude", explique ainsi Perrine Ruby, chercheur à l'Inserm. (1)


Son équipe de chercheurs du centre de recherche en neurosciences de Lyon s'est particulièrement intéressée au contenu de nos rêves lors d'une étude menée sur 40 sujets. L'objectif : déterminer si les rêves découlent de ce que nous vivons éveillés ou si ceux-ci sont entièrement le fruit de notre imagination.


Chaque sujet de l'étude devait consigner précisément le contenu de ses rêves chaque matin, au réveil. Au bout de 7 jours les sujets ont ensuite répondu à un questionnaire portant sur le lien entre leurs rêves et leur vie réelle.


Cette étude a permis de démontré que les rêves ne sont pas toujours constitués d'évènements tirés de notre vie réelle. Ils sont parfois le fruit de notre imagination. Mais quand nous rêvons d'évènements tirés de notre expérience ceux-ci datent à 40% de la journée précédant le rêve et correspondent plutôt à des situations anodines. Les 60% restant sont des souvenirs marquants plus anciens et survenus parfois jusqu'à un an auparavant.


Les rêves ont-ils forcément un sens ?


Le désir d’interpréter les rêves existe depuis l'Antiquité et persiste aujourd'hui encore. Autrefois associés au divin, ils sont aujourd’hui vus comme des clés de compréhension du réel.


De nombreux dictionnaires des songes existent mais ne sont pas basés sur des faits scientifiques. Ils sont plutôt de l'ordre de l'interprétation. Des études scientifiques ont également été menées afin de percer le mystères des songes. Malgré tout, le rôle et le sens des rêves demeurent mystérieux.


Certains champs comme la psychologie et la psychanalyse accordent une grande importance aux rêves et les étudient.


Ainsi selon Sigmund Freud, les rêves, bien que parfois incohérents, ont pour but de mener à l’accomplissement d’un désir refoulé par l’individu. Pour le psychologue Carl Gustav Jung par contre, les rêves ont une fonction compensatoire ou complémentaire. En d'autres termes, ils permettent de rétablir un équilibre psychologique.


Une fois endormis, nos émotions prennent le pas sur notre raison et les rêves pourraient alors être l'expression exacerbée de notre inconscient.


Pourquoi virent-ils parfois au cauchemar ?


De nombreux mystères entourent encore le rêve et la science n'explique toujours pas pourquoi nous faisons des cauchemars. Rassurez-vous cependant, faire des cauchemars n'a rien d'exceptionnel. C'est même assez banale à en croire le Pr Isabelle Arnulf, neurologue et directrice de l'unité des pathologies du sommeil à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.


"Tout le monde fait des cauchemars. D'ailleurs, la plupart de nos rêves sont plutôt négatifs (70%). La partie cauchemar, qui réveille la personne avec un rythme cardiaque accéléré, est vécue par tout le monde. On pense qu'une des fonctions du rêve et du cauchemar, c'est de stimuler certaines menaces pour apprendre à y faire face."


Et c'est grave docteur ?


Vous l'aurez compris, rêver et faire occasionnellement des cauchemars est le lot de tous. Certains ont recours à l'hypnose pour essayer d'analyser leurs rêves et faire parler leur inconscient.


Le Pr Isabelle Arnulf de souligner néanmoins que "5% des personnes font trop de cauchemars".


Il faut s'inquiéter quand les rêves agités deviennent récurrents et que les cauchemars se transforment en terreurs nocturnes. Les terreurs nocturnes peuvent se manifester par de la transpiration, de l'agitation, des mouvements brusques, des cris... etc. Le rythme cardiaque accélère et les sujets se réveillent fatigués.


"Normalement quand on rêve, on est paralysé, on ne peut pas bouger. Le sommeil est dit paradoxal car le cerveau est très actif mais le corps est immobile. En cas de troubles du comportement en sommeil paradoxal, on perd la capacité d'être paralysé dans nos rêves donc on peut mettre en action nos rêves", explique le Pr Maria-Livia Fantini, neurologue.


Cela peut parfois être annonciateur de pathologies neurologiques plus sérieuses telles que la maladie de Parkinson. En cas de doute, il faut consulter un médecin afin d'obtenir un diagnostic.


Sources


(1) Rêves : le règne du paradoxal

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Ces conseils sont destinés à améliorer votre bien-être au quotidien et en aucun cas, ne remplacent un suivi médical. Ces suggestions ne doivent jamais inciter le lecteur à soustraire ou arrêter un traitement médical en cours. Ils ne sont pas adaptés aux femmes enceintes, allaitantes, aux nourrissons ou enfants ainsi qu’à toute personne présentant des troubles de santé.

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